Les produits du terroir incontournables du brunch de Pâques

Le 5 avril prochain, serez-vous de ceux qui se lèvent avant l’aube pour saluer l’arrivée tant attendue du dégel en allant « cueillir » l’eau de Pâques? Les yeux encore endormis, dans le fin brouillard et le froid matinal d’avril, peut-être marcherez-vous jusqu’à une source d’eau naturelle pour la recueillir, à contre-courant selon les instructions des gardiens de la tradition, pour ensuite regarder le soleil se lever sur la nouvelle saison. Puis, l’excursion dans la nature terminée, place à un copieux brunch en famille.

Le retour à la maison est marqué par l’odeur du bacon et des fèves au lard longuement mijotées. La table est mise, puis remplie de tous les classiques, pour le plus grand plaisir des gourmands. Et comme l’eau de source qu’on vient d’aller recueillir, tout est bien meilleur quand on sait exactement d’où ça provient.

Les œufs issus d’un élevage voisin sont servis selon les préférences de chacun, les uns après les autres, pour que tout le monde ait la chance de manger chaud. Quelqu’un cherche le beurre, sans doute resté près de la cuisinière. Sur la table, le creton de porc de Salaison Besson côtoie les pâtés de foie de la Ferme Lapointe, dont les saucisses d’agneau ont rejoint, sans les détrôner, les classiques saucisses à déjeuner. Les pâtés à la viande à peine sortis du four dégagent une odeur divine. Les petites patates de Péribonka, rissolées, finissent déjà de remplir l’assiette. Il faudra se resservir pour goûter à tout.

Le pain de Boulangerie de Normandin sont allègrement tartinés de confiture de bleuets sauvages et citron, merveilleusement équilibrée. Les cubes de fromage aux épices de la Normandinoise, soigneusement découpés, disparaissent à vue d’œil dans l’assiette qu’on leur a réservée. Le fromage en grains, lui, ne s’est même pas rendu jusqu’à la table avant d’être entièrement dévoré. Digne d’un buffet professionnel, l’immense plateau de jambon et autres charcuteries, joliment agrémenté de fruits, se dégarnit lentement.

Les crêpes, gardées au chaud entre deux assiettes, sont copieusement arrosées de sirop de bleuet sauvage ou de miel de fleurs de bleuets, d’une délicatesse incomparable. Le pain doré est saupoudré de sucre d’or. Cette année, quelqu’un a même préparé des gaufres maison avec de la farine sans gluten. Le sirop d’érable est à l’honneur et coule à flots.

Les amateurs de café de spécialité sont comblés par les grains d’Arvida Roasting Co., découverts au dernier passage à la boutique Délices du Lac-Saint-Jean. Dans les coupes, le vin mousseux de bleuets sauvages du domaine l’Orée des Bois a remplacé le mimosa.

Le pot de beurre de bleuets sauvages de Bleu nature est déjà presque vide. Impossible d’identifier le coupable; un smoothie à base de bleuets sauvages nordiques a déjà rendu toutes les langues bleues. Les enfants se font des grimaces… et les adultes aussi.

Les pâtisseries de l’Époké Boréale succèdent à la succulente tarte aux pacanes de la Maison Gourmande. La chasse aux œufs promet d’être fructueuse. Une montagne de petites poules et de guimauves enrobées de chocolat de la chocolaterie des Pères attend patiemment que tous ces petits doigts gourmands obtiennent la permission de s’y aventurer.

C’est beau, Pâques. Quelques heures après le silence et le recueillement, ça rit fort. Ça parle en même temps. Ça se passe le café et les anecdotes. C’est une des seules journées où on prend encore le temps de faire les deux : se recueillir un peu, puis se retrouver pour vrai.