Le 12 août, j’achète un livre… d’ici

J’ai toujours été une lectrice fervente. Où que j’aille, un livre m’accompagne, en version papier ou électronique. Ça fait partie de moi. Je lis chaque publication de l’infolettre Les libraires, et je participe chaque année à l’événement « Le 12 août, j’achète un livre québécois ».

À ma dernière visite à la bibliothèque, j’ai été inspirée par la quantité de drapeaux régionaux sur les tranches des livres; ceux qui indiquent les ouvrages qui ont été publiés par des auteur·e·s d’ici. C’est, à mon avis, une excellente initiative que de démontrer, visuellement, la créativité littéraire des gens d’ici. C’est une source de grande fierté. Je me suis mise à les lire.

Mes recherches plus approfondies m’ont révélé un préjugé inconscient : malgré mon niveau de sensibilisation, j’ai été étonnée de la quantité de plumes qui émergeaient de notre MRC ou l’avaient adoptée. Pour contribuer à ma façon à la diffusion de l’art littéraire d’ici, j’ai donc décidé de vous présenter trois livres parmi ceux que j’ai lus cette année. Pour en illustrer la variété, j’ai choisi des genres différents et des livres assez récents. J’ai commenté mon expérience de chacun dans l’espoir de vous inspirer à en faire autant.

Trois nuits au Colibri

Récit policier. Daniel Boivin, originaire de Dolbeau-Mistassini. 2004.

Chroniqueur judiciaire depuis des années, Simon est aigri et cynique. Envoyé sur une affaire de double meurtre dans une petite ville qu’il trouve sans attraits à quelques jours de Noël, avec une jeune photographe avec laquelle il n’a jamais travaillé, le journaliste peine à s’intéresser à autre chose qu’à lui-même.

L’auteur du roman affiche un rythme littéraire indéniable. Si son personnage principal, au discours intérieur d’un réalisme diamétralement opposé à celui de ses aventures, m’apparaît antipathique, l’environnement dans lequel il évolue a su me charmer. Une courte lecture atmosphérique, parfaite pour une soirée brumeuse au chalet.

 

Les cachettes

Récit psychologique. Guy Lalancette, originaire de Girardville. 2020.

La disparition d’une petite fille de 11 ans pousse sa famille à appeler la police. Pour trouver des indices, la maisonnée entière est interrogée. Dans sa cachette, Claude, férue des fleurs et mordue des mots, porte son regard unique sur la dynamique familiale.

Le récit, en partie narré à la manière chaotique de l’enfant, est étrangement introspectif. L’exploration déroutante du besoin d’un espace à soi pour trouver sa place parmi les autres plonge le lectorat dans cette expérience familière propre à l’enfance. La structure narrative du roman lui conférant un caractère plus littéraire, j’en suggère une lecture attentive.

 

Fermer maison

Récit autobiographique. Josée Brassard, originaire de Dolbeau-Mistassini. 2024.

Dans un récit empreint de nostalgie, Josée Brassard lève le voile sur l’expérience de « fermer maison », celle de ses parents, avec une simplicité désarmante. Parsemées de quelques histoires rapportées de sa tante, à laquelle elle rend visite sur son chemin, ses réflexions portent sur la relation entre ses propres mouvements migratoires et ceux de ses aïeux, intrinsèquement liés à l’histoire de la région.

Une très courte lecture axée sur la famille et l’amour du territoire.

L’achat local n’est pas qu’une question de commerces. De Françoise Marois à Nouveaux Pères, les choix abondent pour investir dans la culture locale. Et si, cette année, le 12 août, on achetait un livre d’ici?